La Presse, 6 Aug 1915, page 7

 

Traitrises de la Mort

Un contremaitre au pont de Saint-Jean a un fin tragique

Il laisse sept jeunes orphelins

Saint-Jean, Que – si cela continue las saison de 1915, sera tristement celebre en morts tragiques dans la riviere a Saint-Jean.  En effet, nous avons a enregistrer aujourd’hui la troisieme survenue depuis une quinzaine de jours.  Cette fois, c’est un père de famille, M Joseph Nolin, contremaitre des travaux du pont libre qu’on est a construire sur le Richelieu, entre Saint-Jean et Iberville.  Il s’est noye en haut du pont du Vermont Central, pres du quai du gouvernment, sur lequel on assemble les sections du pont libre pour transporter ensuite a leur place sur les pilliers.  Cet accident fatal est arrive hier soir.  M Nolin se trouvait sur le remorqueur de MM Laurin et Leitch, les entrepreneurs du pont, qui conduisait un chaland, lorsque on ne sait comment, il glissa du pont du bateau et tomba dans la riviere. Tout indique que dans sa chute il se frappa la tete sur le bord du remorqueur et s’assoma, car il porte un blessure a la tete et apres etre tombe a l’eau il ne fit aucun effort pour se sauver et ne reparut pas a la surface. On repecha son cadavre quelques instants plus tard et son corps fut transporte a la morgue de M O Langlois.  Ce matin, le coroner E N Chevalier a tenu une enquete sur la mort du malheureux Nolin, et le verdict fut celui de mort accidentelle. Le defunt était age de 32 ans.  Il laisse un femme, nee (Anna) Vallieres, et sept enfants demeurent au numero 1018 rue Orleans, a Maisonneuve, ou son corps sera transporte aujourd’hui meme.  C’était un homme tres estime.  Les ouvriers qu’il avait sous sa charge le regretteront sincerement.  M Laurin et Leitch perdent en lui un contremaitre habile et fidele. Sa fin tragique a cause beaucoup d’emoi en notre ville.

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