La Minerve, 24 mars 1834, page 2

 

Hier, après la Grand Messe, une foule de citoyens de diverses origines alla saluer M l’Orateur de la Chambre d’Assemblee a sa demeure, rue Bonsecours, et le féliciter sur son heureux retour au sein de sa famille et de ses concitoyens et lui témoigner l’approbat on de sa conduite et leurs remerciements.  L’affluence des personnes était telle qu’une faible portion de ceux qui était presens a pu pénétrer dans la maison ou M le Maire, a la sollicitation de ces derniers, a porte parole et exprime a M Papineau le but de ce concours et les vœux de ses compatriotes réunis.  A la vive satisfaction de tous ceux qui n’avaient pu entrer, on trouva le moyen de faire disparaître une des doubles-croisées, et M Papineau, au milieu des plus bruyantes acclamations, s’adressa a ses concitoyens, du second étage, et leur exprima son regret que la capacité de l’édifice qu’il occupait ne permit pas de les recevoir tous dans un même appartement.  Il les remercia de l’honneur distingue que lui faisait une assemblee aussi nombreuse et aussi respectable d’accueillir son retour avec autant d’empressement et d’approuver sa conduite publique.  « Cette approbation, continua M Papineau, je la prends comme adresse non moi individuellement, mais a la Chambre d’Assemblee et a cette majorité qui vient de sanctionner des principes lies au bien-être général et qui doivent faire le base de tout bon gouvernement.  Députée pour représenter les vœux et besoins des masses, l’Assemblee a veille à vos libertés et vos droits communs en déroulant le tableau des abus qui entravent le bien public parmi nous.  C’est a ses procèdes recens que vous venez rendre hommage dans ce moment; je vous en suis doublement reconnaissant, et pour moi et pour ceux qui ont pense que nous avions souffert assez longtems sous le poids de malversations continuelles et qu’il était tems d’user des voies légales pour repousser le désordre et l’injustice et leur substituer un meilleur ordre de choses et le règne de la loi. » Âpres s’être étendu plus au long sur ces considérations M Papineau répéta en anglais ce qu’il venait de dire en français.  Il descendit ensuite a sa porte et présenta la main a ses concitoyens jaloux de lui exprimer leur respect et leur approbation.

 

Des hommes qui se font un devoir de respecter la vérité le moins possible et de s’afficher comme menteurs publies dans les coconnes du Montréal Herald de ce matin, n’ont vu dans cette assemblee qu’une « tentative infâme de créer un tumulte le dimanche »  Les auteurs de ces assertions sont si connus, si méprises, qu’il est inutile de s’y attacher.  Ceux qui ont vu ce qui s’est passe hier l’ordre qui a règne et la respectabilité du concours, s’étonneront sans doute qu’il y ait des hommes assez dépraves pour tenir un tel langage dans un journal public.  Mais deux concitoyens respectables vienne de donner un exemple en discontinuant leur abonnement qui sera probablement suivi par tous les souscripteurs au Herald qui savent se respecter.  Ses dégoutants diatribes lui ont attire l’animadversion des honnêtes gens et il faut supposer bien de la folie ou de la perversité dans les lecteurs de cette feuille pour ne pas rougir de voir leur noms associes a de telles productions.  Qu’ils continuent, ces lâches détracteurs, leur œuvre de mensonge et d’iniquité : les Canadiens et leurs concitoyens qui aiment et chérissent la liberté et l’ordre, n’en revendiqueront pas moins leurs droits et n’exprimeront pas moins hautement leurs sentimens.

 

Ce témoignage de deux à trois mille personnes tendu presque spontanément à M Papineau doit lui être flatteur et fait voir l’effet des paroles de Mathieu Lord Aylmer a la clôture de cette dernière session de Parlement.  Mais les assemblées qui se tiennent déjà dans plusieurs Comtes, les Requêtes qui vont suivre, et la prochaine élection générales répondront a Mathieu Lord Aylmer que le pays partage les sentimens et les vœux exprimes dans les 92 Résolutions, et qu’en dépit de toutes les « manœuvres » de la bureaucratie, les réclamations du peuple seront entendues, appréciées, et le règne de la loi substitue au règne des abus et a l’arbitraie d’une fraction des habitans de ce pays.

 

 

 

 

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